mardi 16 juin 2009

Entre Montréal, Québec et presque la Gaspésie

L'équipée de Montréal:

Le matin, nous avons rendez-vous avec trois organismes du quartier de Côte-des-Neiges.
Catherine Montgomery et Roger Côté du CSSS de la Montagne vont nous piloter au cours de cette matinée.

Nous allons tout d'abord visiter un service communautaire en alimentation Multicaf.
Ce service implanté au coeur du quartier prépare des repas (1,25$), distribue des colis 3 fois semaine à toute personne qui en éprouve le besoin : pas de conditions particulières, pas d'enquête sur les ressources. Le public qui s'adresse à eux est multiculturel, de tous âges mais certaines personnes migrantes sont relativement bien diplômées.
Parmi le public, certains éprouvent des difficultés de santé mentale.
Les personnes qui y travaillent de manière salariée ont des contrats relativement précaires et ne savent pas toujours si ceux-ci seront reconduits. Les subsides proviennent de la ville et du ministère social. Ils distribuent également des repas aux écoles car les enfants ici n'ont pas de repas complets préparés aux sein des écoles et comme certains enfants arrivaient sans pic nic, l'association "envoye" des repas. Les personnes qui préparent peuvent être des bénévoles ou des personnes "TIG" ayant une peine de travail à effectuer.

Un peu plus loin, nous nous rendrons dans une école de francisation (une commission scolaire Pauline Julien, chanteuse québécoise) un peu l'équivalent de notre"Lire et Ecrire " belge mais ici il s'agit d'une véritable école de français spécialisée et financée par le Ministère de l'Education. Les enseignants dépendent de ce ministère et sont des professeurs de français. Une technicienne sociale est à la disposition des élèves et vérifie leur assiduité, effectue des bilans et les aide à régler les problèmes éventuels. Les élèves sont introduits dans les classes par niveau (de 1 à 6) selon leurs apprentissages précédents. Une attestation leur est délivrée en fin de formation.
Pour terminer cette matinée, il est vrai un peu au pas de course, nous rencontrons Jean Isseri, Directeur du Carrefour Jeunesse-Emploi. Le service s'adresse aux jeunes jusque 35 ans.
L'ojectif est d'être au plus prêt du public et de répondre aux demandes de formation, de recherche d'emploi voire même d'études. Un peu notre Carrefour emploi formation couplé à certaines activités de nos Maisons de l'Emploi.
Jean a notamment développé des outils méthodologiques et statistiques permettant de mieux saisir les problématiques et mieux identifier la population.
Ce type de diagnostic et de bilans a été en quelque sorte un modèle pour les autres services du même type répartis au Quebec. Le directeur nous enverra plus de renseignements par mail.
C'est avec regret que la matinée se termine.
Cet après-midi, nous avons visité le CSSS La Montagne où nous avons rencontré:

- Cécile Rousseau pédopsychiatre, chercheuse et enseignante à ses heures;
- Catherine Montgomery, chercheuse;
- Grâce Chammas, du PRAIDA;
- Anne Vandenbosschelle, travailleur social en milieu scolaire;
- Josiane Legard, anthropologue au Travail social au CSSS et chercheuse.



Cet après-midi fut une véritable aubaine pour nous car nous avons eu la chance de rencontrer trois des six chercheurs qui effectuent des recherches approfondies sur le thème de l'immigration. Toutes ces drôles de dames nous ont exposé quelques sujets intéressants en cours d'analyse et de réflexion.

Parmi le panel de personnes présentes figurait Anne, une travailleuse sociale qui a eu l'occasion de travailler en Belgique pendant trois ans au CIRE et qui connaissait donc bien les limites de l'accueil des demandeurs d'asile et les difficultés du travailleur social en Belgique.

Par la suite, nous avons eu la chance de rencontrer Grâce qui travaille au PRAIDA, programme régional d'accueil et d'intégration des demandeurs d'asile et qui nous a exposé la mission du service. Elle a rapidement dressé un profil du parcours migratoire des clients pris en charge. Plusieurs points ont retenu notre attention:

- au PRAIDA, un protocole de dix actions à poser est appliqué dès l'accueil des demandeurs d'asile. Il favorise une homogénéité dans l'accompagnement des bénéficiaires.
- Le PRAIDA est présent aux côtés des demandeurs d'asile dès la première déposition à l'office d'immigration, que l'on soit mineur ou majeur. Leur présence est indispensable.
- le système d'accueil des demandeurs d'asile favorise davantage une prise en considération des capacités de la personne et évite ainsi une forme d'assistanat perpétuel que l'on peut rencontrer dans notre système d'accueil.
- Tout comme chez nous, les MENA sont pris en charge de manière spécifique. Cependant, il existe toujours un vide juridique concernant la tutelle de ces enfants, même s'ils ont des représentants désignés au sein de l'équipe du PRAIDA, dont la mission est d'encadrer au maximum leur demande d'asile.

La journée fut malheureusement trop courte et nous n'avons pas pu aborder les nombreux sujets qui nous intéressaient (récit de vie, santé mental). Nous avons toutefois réussi à décrocher un second rendez-vous pour vendredi.

Marjorie, Valérie, Fabienne et Stéphanie

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire